Article historique : ce texte est fondé sur un ancien article de Klein-Singen.de. Il documente les débats et les données disponibles à l’époque et n’a pas été réécrit silencieusement comme s’il décrivait le présent.
Imaginez qu’un responsable politique local en qui vous avez confiance vous affirme que la piscine de votre ville pratique les tarifs d’entrée les plus élevés de toute la région. Vous vérifiez et découvrez qu’elle fait en réalité partie des moins chères. Confronté à ce constat, le responsable explique qu’il ne faut pas comparer seulement les billets d’entrée : lorsqu’il va nager, il achète toujours du vin mousseux et un sandwich au saumon. Si l’on ajoute les prix du restaurant, votre piscine serait, selon lui, la plus chère.
Vous objectez que vous n’achetez jamais ni l’un ni l’autre. Il vous répond que vous manquez de vision globale.
Cette histoire volontairement exagérée introduit le problème central de l’article historique : les affirmations politiques selon lesquelles l’Allemagne serait un « pays à forte fiscalité » comparent souvent des grandeurs différentes comme si elles étaient identiques.
Le taux d’imposition n’est pas le taux global de prélèvements
Le taux d’imposition d’un pays mesure les recettes fiscales par rapport au produit intérieur brut. Un taux de prélèvements fiscaux et sociaux plus large inclut également les cotisations obligatoires à la sécurité sociale. Ces indicateurs répondent à des questions différentes.
L’article d’origine examinait une controverse du milieu des années 2000 dans laquelle les déclarations politiques et journalistiques passaient d’un indicateur à l’autre. Un camp invoquait le taux d’imposition relativement faible de l’Allemagne. Les critiques répondaient avec des mesures de charge plus larges ou des exemples concernant certaines formes d’entreprises ou certains types de ménages.
Le problème statistique n’est pas que les mesures plus larges soient illégitimes. Il est qu’il faut dire clairement quelle mesure est utilisée.
Des contribuables sélectionnés ne représentent pas « le citoyen moyen »
Les comparaisons internationales utilisent souvent des ménages types. Un ménage à un seul revenu sans enfants peut supporter une charge très différente de celle d’un couple marié avec enfants, d’un retraité, d’un indépendant ou d’un salarié à faible revenu.
Un titre de presse peut donc s’appuyer techniquement sur un calcul réel tout en restant trompeur si le cas type choisi est présenté comme représentatif de tout le monde.
Les taux d’imposition des entreprises constituent encore une autre catégorie
L’article critiquait également les comparaisons qui passaient soudain de la charge fiscale des citoyens ordinaires aux taux légaux des sociétés. Les grandes entreprises internationales, les petites entreprises et les artisans ne font pas face aux mêmes structures et ne disposent pas des mêmes possibilités de déplacement des bénéfices, de financement par dette ou de choix de forme juridique.
Un taux légal n’est pas automatiquement identique à une charge fiscale effective. Les déductions, reports de pertes, amortissements, structures de financement et montages transfrontaliers peuvent jouer un rôle important.
La leçon statistique
- Ne pas confondre taux d’imposition et taux plus large de prélèvements fiscaux et sociaux.
- Ne pas généraliser à toute la population à partir d’un seul ménage type.
- Ne pas confondre taux légaux d’imposition et paiements fiscaux effectifs.
- Vérifier l’année, la source des données et le dénominateur.
- Demander quels cas ont été omis de la comparaison.
La métaphore de la piscine est volontairement polémique, mais le principe est précis : on peut changer un indicateur simplement en ajoutant ou en retirant des composantes. La communication politique devient trompeuse lorsque ce changement est dissimulé.