« Je ne crois qu’aux statistiques que j’ai moi-même falsifiées » est une phrase que l’on rencontre dans d’innombrables articles et livres sur les statistiques, surtout dans l’espace germanophone. Elle est fréquemment attribuée à Winston Churchill. Il est pourtant très probable qu’elle ne vienne pas de l’ancien Premier ministre britannique.
L’Office statistique du Bade-Wurtemberg a étudié cette question dans ses publications mensuelles. Malgré des recherches approfondies et des demandes adressées à des personnes qui avaient utilisé la citation, aucune source originale fiable permettant d’attribuer cette phrase à Churchill n’a pu être trouvée.
Il a ensuite été affirmé à plusieurs reprises que cette attribution remontait à Joseph Goebbels. Cette histoire n’est pas davantage établie de manière concluante. On ignore toujours qui a réuni ces idées pour la première fois et comment l’attribution à Churchill s’est diffusée dans la presse et les ouvrages de référence.
La véritable leçon : une phrase sur l’abus des statistiques montre elle-même à quel point la critique des sources est importante. Une attribution ne devient pas vraie simplement parce qu’elle est souvent répétée.
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