Presque tout le monde rencontre un jour des récits sur les propriétés mystiques des pyramides. La Grande Pyramide de Gizeh en particulier est associée à des affirmations géométriques, astronomiques et géographiques extraordinaires. Pour une civilisation dépourvue de boussole magnétique, son orientation vers le nord est remarquablement précise. Elle témoigne de connaissances égyptiennes et d’un savoir-faire d’arpentage impressionnants.
Une relation numérique qui impressionne particulièrement les mystiques concerne le rapport entre la hauteur et les dimensions de la base, ainsi que son approximation par des expressions faisant intervenir pi. Beaucoup y voient la preuve que les bâtisseurs ont intentionnellement encodé le nombre π.
Le mysticisme moderne des pyramides va plus loin. La disposition des pyramides égyptiennes reproduirait la constellation d’Orion — parfois non telle qu’elle apparaît aujourd’hui, mais telle qu’elle aurait été vers 10 500 avant notre ère. Pourquoi des Égyptiens vivant des milliers d’années plus tard — la Grande Pyramide fut construite approximativement au troisième millénaire avant notre ère — auraient-ils choisi précisément cette configuration ancienne ?
Avec suffisamment de bâtiments, montagnes, villes, étoiles, époques, conventions de mesure et marges de tolérance, les ordinateurs comme la reconnaissance humaine des motifs peuvent découvrir des correspondances remarquables. L’espace de recherche est immense. Une affirmation particulièrement faible prétend que le Nil, qui n’a pas été conçu par les bâtisseurs des pyramides, reproduirait la Voie lactée.
Dans les interprétations ésotériques, même les conduits d’aération acquièrent des fonctions astronomiques cachées. Un conduit pointerait vers une étoile importante de l’Égypte ancienne. Mais le bon sens demande : dans quel but ? Internet et la littérature ésotérique regorgent de corrélations curieuses qui conduisent principalement à de nouvelles spéculations mystiques.
Ralph Greenberg a proposé une discussion critique détaillée du mysticisme numérique et de π dans la construction des pyramides dans Pi and the Great Pyramid.
Le livre de Gero von Randow Mein paranormales Fahrrad contient un chapitre apparenté, « Was ist Radosophie? », de Cornelis de Jager. Par analogie avec le mysticisme pyramidal, de Jager construit des « preuves » pseudoscientifiques de relations mystérieuses autour de son vélo paranormal. Cette satire montre un point important : avec assez de liberté dans le choix des mesures et des transformations, on peut fabriquer presque partout des coïncidences numériques qui semblent pleines de sens.